mayonnaise



Centre d'arts plastiques et visuels de Lille, du 9 juin au 7 septembre 2019

Exposition coopérative avec Corine Caulier, Léa Devenelle, Gilles Elie, Mélissa Godbille, Lucie Herlemont, Marion Lebbe, Philippe Lipka, Elisa Masson, Emmanuel Simon et Manon Thirriot




L’exposition mayonnaise fait suite à la résidence Archipel à laquelle j’ai participé à l’Ecole d’arts plastiques de Denain et au Centre d’arts plastiques et visuels de Lille. Durant le temps de résidence j’ai arpenté ce territoire : les expositions, les ouvertures d’ateliers ou les cours que proposent les deux écoles, en essayant de découvrir un maximum de pratiques artistiques. Mon but étant de constituer une constellation d’artistes avec qui je pourrais travailler en vue des expositions prévues en fin de résidence.

Au gré de ces rencontres un projet d’exposition, regroupant une dizaine d’artistes principalement rencontré·es lors de mes pérégrinations, a émergé. Dans le groupe se mêlent les statuts, entre artistes amateur·e·s rencontré·e·s dans les écoles de Lille et Denain, artistes confirmé·e·s croisé·e·s dans des expositions ou étudiantes dont j’ai aperçu la pratique lors de visites à l’École des Beaux-Arts de Valenciennes. Enfin, le groupe est complété par deux artistes que j’ai connu·e de ma formation et lors d’une exposition à laquelle nous participions.

J’ai fait appel à ces artistes pour leurs rapports à la réappropriation et la délégation. Notions qui me semblent intéressantes à interroger dans le cadre
d’une résidence dans des écoles et tout particulièrement dans des écoles de pratiques amateures où la question de l’apprentissage par la copie a toute sa place et où la question du sujet est souvent paralysante. Ces notions, qui trouvent échos dans ma propre pratique, sont à la base de mon travail.

Pour mayonnaise, nous avons conçu·e·s, avec mes invité·e·s, une exposition coopérative autour de ces points. La position d’auteur·e omniscient·e vis-à-vis de son propre travail est mise à mal, questionnée.

Le trouble règne quant au statut de chacun entre proposeur·e, réalisateur·trice et participant·e. La maternité·paternité des œuvres, elle-même passant par plusieurs couches d’intervenant·e·s, devient floue. La délégation est omniprésente, que cela soit la délégation du sujet, du geste artistique ou encore de la réalisation de l’œuvre.

Cette interrogation de la place et du statut de l’auteur·e nous amène à réfléchir à une nouvelle manière de légender nos œuvres afin de rendre compte des spécificités de ces formes nébuleuses.


Emmanuel Simon





plus de détails sur le projet ici