Que ce soit lors de mes résidences, ou lors de mes participations à des expositions, j'invite des artistes à venir travailler avec moi. Ces moments de réflexion à plusieurs mènent à un mélange entre œuvres collaboratives et expositions collectives, selon les desiderata des artistes. Car toutes les décisions sont prises de manière collégiale. Nous inventons ensemble les règles et protocoles de travail, nom de l’œuvre/collectif, conditions de monstrations et sommes tous co-auteur.

Je me dilue dans ces collectifs, qu'ils soient éphémères ou qu'ils durent dans le temps. La position d'auteur omniscient vis-à-vis de son propre travail est mise à mal, questionnée. Ma part d'autorité s'abandonne dans un avenir incertain qui me permet de me confronter à d'autres médiums que la peinture.

Outre le fait de m'avoir amené vers la performance, la vidéo ou encore la sculpture, cette manière de travailler est performative. En effet, les œuvres étant réalisées in situ et en vue d'un moment de monstration au public, le laps de temps est généralement très court. Cela doit être fait, bien ou mal.

La réalisation finale n'est pas ma préoccupation principale. Mon intérêt réside dans le processus de création, la rencontre, qu'elle soit physique, entre artistes, ou entre les pièces. Cela me permet d'interroger l'autonomie des œuvres en fonction de leur environnement. Comment nos travaux dialoguent entre eux, certains faisant office de supports aux autres.

Ces invitations me placent également dans une position floue mais néanmoins intéressante : empruntant le pouvoir décisionnaire du jury lorsque j'invite d'autres artistes à partager mes conditions de résidences, ou celui du commissaire d'exposition lorsque je crée, avec mes invités, une exposition dans l'exposition.